FAQ Particuliers

Les allergies : un enjeu de santé complexe

Les allergies, qu’elles soient alimentaires, respiratoires, cutanées ou médicamenteuses, touchent des personnes de tous âges et se manifestent de façons très variées, allant de symptômes légers à des réactions graves. Leur complexité vient du fait qu’elles impliquent le système immunitaire, que les déclencheurs sont nombreux et parfois difficiles à identifier, et que chaque individu peut réagir différemment à une même substance.

De plus, les traitements ne sont pas toujours curatifs : ils visent souvent à soulager les symptômes ou à éviter les allergènes, ce qui peut être contraignant au quotidien. Cette gestion demande donc une vigilance constante et une adaptation continue, tant pour les personnes concernées que pour les professionnels de la santé.

Afin de mieux comprendre ces réalités et de répondre aux questions les plus fréquentes, la FAQ ci-dessous qui démystifie certains points essentiels liés aux allergies :

Qu’est-ce que l’allergie ?

L’allergie ou réaction allergique, est une réponse anormale, excessive, du système immunitaire. Cette réaction est consécutive à un précédent contact avec une substance étrangère à l’organisme (l’allergène), considérée à tort comme dangereuse par nos cellules. Ainsi, une substance tout à fait inoffensive pour certains, peut provoquer une réaction allergique chez une personne sensibilisée.

Y a-t-il des causes aux phénomènes allergiques ?

Facteurs mis en cause dans l’apparition des manifestations allergiques :

La prédisposition familiale, aussi appelée « terrain atopique », détermine le risque de manifestation allergique chez l’enfant :

  • Si aucun parent n’est allergique → 15%
  • Si 1 des 2 parents est allergiques → 40%
  • Si les 2 parents sont allergiques → 60%
  • Si les 2 parents + 1 membre de la famille proche est allergique → 75%

L’évolution de notre mode de vie, de notre habitat et des changements climatiques.

  • Nous voyageons de plus en plus
  • Nous mangeons des aliments inhabituels
  • Nous plantons dans nos jardins des plantes de toutes sortes
  • Augmentation du nombre d’animaux domestiques

Cette dernière a favorisé, ces dernières décennies, une croissance importante de l’incidence des allergies.

Les polluants atmosphériques ne sont pas à l’origine des phénomènes allergiques, mais ils apparaissent comme des facteurs aggravants.

Comment diagnostiquer l’allergie ?

Dès l’apparition de signes évocateurs, tels que nez qui coule, picotements aux yeux, éternuements en rafale, la prise en charge médicale par l’allergologue est essentielle. Elle vise à établir le diagnostic de l’allergie et à définir le ou les allergène(s) responsable(s) de la réaction, afin de mettre en place un traitement efficace spécifique à l’allergène en cause.

Interrogatoire ou historique

Rigoureux et minutieux, il doit confirmer l’hypothèse d’allergie et permettre d’établir une première liste des allergènes responsables des signes présentés. Tout sera passé au crible :

  • Histoire des symptômes (ancienneté, nature, périodicité, facteurs déclenchants, etc.)
  • Antécédents familiaux d’allergie, ainsi que les antécédents personnels
  • Environnement général
  • Mode de vie, lieux de vie, habitudes alimentaires
  • Activités professionnelles et loisirs

Plusieurs consultations peuvent être nécessaires pour tout évaluer, mais ce bilan est indispensable au diagnostic, et à l’identification de(s) allergène(s) en cause.

Examen clinique

Examen général et examen ciblé sur les organes souvent affectés par l’allergie (peau, poumons, nez, bronches). Il permet à l’allergologue de faire un bilan des répercussions de l’allergie. Il oriente vers des investigations supplémentaires qui éventuellement pourraient être nécessaires (exploration fonctionnelle dans l’asthme…).

Quels sont les différents tests d’allergie ?

Tests cutanés

La peau est légèrement égratignée à travers une goutte d’allergène préalablement déposée sur le bras.

Tests biologiques (dépistage sanguin)

Dans certains cas, une prise de sang est nécessaire pour ce test effectué en laboratoire.

Tests de provocation

Effectués seulement si un doute persiste. Ils doivent être effectués sous étroite surveillance médicale.

Comment peut-on traiter l’allergie ?

Traiter l’allergie, c’est s’attaquer à la fois aux symptômes qu’elle provoque et à sa cause.

Éviction de l’allergène

En supprimant tout contact avec celui-ci, on évite le déclenchement des réactions allergiques. Pour soulager les symptômes, certains médicaments ont fait leurs preuves. Pour lutter contre le dysfonctionnement immunitaire qui aboutit à l’allergie, la désensibilisation est le traitement de fond.

Une fois l’allergène identifié, il s’agira de l’éviter le mieux possible, ce qui est parfois très contraignant! Un bon contrôle de l’environnement permettra de réduire l’exposition à l’allergène.

Pollens et aliments : pouvez-vous les associer ?

Les symptômes d'allergies sont causés par une réponse spécifique du système immunitaire à la suite de l'exposition à un allergène. Une substance qui engendre une réaction allergique chez une personne peut être complètement inoffensive chez une autre.

Il est possible de désensibiliser le système immunitaire à certains allergènes par un traitement d'immunothérapie sous-cutanée.

Ceci est possible pour les allergènes suivants :

Types d'allergènes

Extérieurs

  • Pollen des arbres, des mauvaises herbes ou des graminées
  • Spores de moisissures

Intérieurs

  • Acariens
  • Animaux
  • Spores de moisissures
  • Plumes d'oreillers

Aliments

  • Noix et arachides
  • Lait
  • Œufs
Qu'est-ce que le syndrome pollen-aliment ?

Le syndrome pollen-aliment ou le syndrome d’allergie orale se définit comme une réaction allergique chez une personne qui éprouve les symptômes de rhinite allergique ou du rhume des foins quand elle mange des fruits ou légumes frais ou des noix.  Les symptômes allergiques se limitent habituellement à la bouche et à la gorge.

L’explication de ce phénomène se trouve dans la structure des protéines qui causent les symptômes d’allergie. Certaines protéines labiles des fruits et légumes crus sont très semblables à celles des pollens. Les associations suivantes sont les plus connues actuellement

Réactions croisées entre les pollens et les aliments

Bouleau : Pomme, pêche, prune, poire, abricot, céleri, carotte, amande, arachide, noisette

Herbe-à-poux :  Banane, cantaloup, melon d’eau, melon miel, concombre, courge

Armoise : Céleri

Les allergènes en cause dans le syndrome pollen-aliment sont des protéines qui sont sensibles à la chaleur et à la cuisson. C’est ce qui explique pourquoi une personne peut ressentir des symptômes allergiques en mangeant une pomme, et peut aussi n’en ressentir aucun s’il elle prend une part de tarte aux pommes.

Ce sont environ 10% des gens qui vont ressentir des symptômes locaux au niveau de la bouche et de la gorge et le risque d’anaphylaxie est estimé à 1,7%. Il est recommandé aux personnes qui pensent être touchées par le syndrome pollen-aliment de passer des tests de scarification cutanés pour bien identifier les aliments auxquels ils sont allergiques. Bien que le risque d’anaphylaxie soit minime, il est très difficile de prédire l’ampleur d’une réaction allergique. C’est pourquoi il est préférable pour ces personnes d’éviter de manger les fruits ou légumes frais qui leur causent des symptômes.

Probabilité de faire une réaction allergique à un aliment en fonction de différents facteurs
S’il y a une allergie à : Risque d’une réaction à l’un ou l’autre parmi : % de risque
Bouleau Pomme, pêche, melon miel 55%
Herbe à poux Banane, cantaloup, melon miel 55%
Armoise Céleri 55%
Arachides Pois verts, lentilles, fèves 5%
Fruits de mer (ex. crevette) Autres fruits de mer (ex. homard, crabe) 75%
Lait de vache Lait de chèvre 92%
Grain entier (ex. blé) Autres grains entiers (seigle, orge) 20%
Noix (ex. noix de Grenoble) Autres noix (ex. cachou, noisette) 37%
Pêche Pomme, cerise, poire, prune 55%
Banane, kiwi, avocat Latex 11%
Latex Banane, kiwi, avocat 35%
Qu'est-ce que l'immunothérapie?

L’immunothérapie allergénique, communément appelée désensibilisation, constitue jusqu’à présent le seul traitement pouvant permettre de guérir les allergies. Autrefois basée sur la simple expérience des médecins, cette thérapie est aujourd’hui parfaitement codifiée par un consensus international sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Santé.

La désensibilisation ne peut s’appliquer à toutes les allergies, ni à toutes les personnes allergiques. Pour savoir si vous pouvez en bénéficier, discutez-en avec votre médecin.

Vous devez comprendre que la désensibilisation peut vous aider, mais vous devez participer en acceptant les contraintes :

  • Visites répétées chez votre médecin
  • Attente obligatoire de 30 minutes après l’injection
  • Durée du traitement

Deux types d’immunothérapie

Sous-cutanée :

Injections données obligatoirement au cabinet du médecin.

Traitements « perannuels »

Orale:

Suspensions initiées au cabinet du médecin pour poursuivi à la maison par la suite

Orale sublinguale en comprimé :

Permet de faire le traitement quotidiennement à domicile, mais ne s’applique pas à tous les allergènes. De plus elle ne règle qu’une allergie par traitement.

Votre spécialiste, encore une fois, sera votre meilleur conseiller.

L’efficacité de l’immunothérapie est de l’ordre de 80 à 85% dans les cas de pneum allergènes (pollens, acariens, animaux, etc.)

Quels sont les traitements médicamenteux?

Les médicaments ont pour effet de diminuer les symptômes et combattre l’inflammation causée par les allergies. L’utilisation de ces médicaments est aujourd’hui bien maitrisée, notamment dans les cas d’asthme et de rhinite allergique, et codifiée par des consensus d’experts internationaux.

Toutefois, en dépit de leur efficacité reconnue, ces médicaments ne traitent pas la cause de l’allergie, ils n’agissent pas sur le fonctionnement du système immunitaire de la personne allergique, et donc ne la guérissent pas de ses allergies. Leur effet ne dure que tant qu’on les prend, sans aucun bénéfice à long terme.

Quels sont les allergènes présents en fonction des saisons ?

Pollens d’arbres (Début avril jusqu'à mi-juin)

  • Bouleau
  • Érable
  • Chêne
  • Peuplier
  • Saule

Pollens de graminées (Mi-juin jusqu’à fin septembre)

  • Agrostide blanche
  • Dactyle aggloméré
  • Fétuque des prés
  • Flouve odorante
  • Ivraie
  • Phléole

Pollens de mauvaises herbes (Début d’août jusqu’à la mi-octobre)

  • Herbe à poux
  • Amarante
  • Lampourde
  • Chénopode blanc

Consultez le calendrier pollinique pour visualiser rapidement ces informations.

Quelles sont les périodes recommandées pour débuter une désensibilisation?

Quand vient le temps de débuter la désensibilisation, il est recommandé d’attendre la fin de la saison pollinique en cours. À titre d’exemple la désensibilisation aux pollens d’arbres peut débuter à la mi-juin. Il est possible d’initier la désensibilisation jusqu’à la fin du mois de janvier soit trois mois avant le début de la nouvelle saison des pollens d’arbres. C’est la même recommandation qui s’applique pour la désensibilisation aux pollens de graminées, il est possible de débuter en octobre et un traitement peut être initié jusqu’à la fin mars. Pour les pollens de mauvaises herbes, la désensibilisation peut débuter à la mi-octobre et le traitement peut être initié jusqu’à la fin du mois de mai précédent la saison pollinique à venir.

Consultez le calendrier pollinique pour visualiser rapidement ces informations.

Les traitements de désensibilisation sont-ils dangereux ?

Dans le cas de l’immunothérapie, on ne parle pas de vaccin (un vaccin étant une injection d’un organisme infectieux, bactérie ou virus, sous une forme rendue inoffensive, dans le but de prévenir ou enrayer la maladie grave qu’il aurait provoquée), on parle ici de traitement.

En immunothérapie, on parle de plutôt de traitement. Les allergènes injectés sont naturellement inoffensifs et si le protocole d’administration de ces traitements est suivi scrupuleusement, le risque de réaction systémique grave est faible.

  • Pour votre sécurité, toujours respecter les consignes suivantes :
  • Attendre 30 minutes après injection au cabinet du médecin
  • Mesurer et noter l’induration au site d’injection
  • Ne pas augmenter la dose si l’induration mesurée dépasse 5 cm
  • Ne pas augmenter les doses pendant la saison policlinique

Peut-on espacer ou passer des doses ?

Non. Ceci obligerait le médecin à réviser les doses à la baisse, ce qui aurait pour conséquences de ralentir la progression du traitement et donc de retarder les résultats.

Si une telle situation se produisait, toujours aviser votre médecin spécialiste afin qu’il puisse ajuster adéquatement les nouvelles doses.

N’hésitez pas à nous contacter pour toute question supplémentaire ou pour obtenir de l’information complémentaire.